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Mar 29 2018

Retour sur le 3ème soirée du Festival Cinéma-Ecologie

 

77 participants pour cette troisième séance du 10e festival Cinéma écologie organisé par la Ruche de Vanves au Lycée Michelet.

La tragédie électronique de Cosima Dannoritzer nous plonge d’emblée dans une déchetterie. Pas n’importe laquelle, une déchetterie de matériel électronique.

Décidément c’est la production de déchets qui caractérise notre civilisation ! Ces déchets ne sont pas mis n’importe où : par containers entiers ils débarquent au Ghana et aboutissent dans une décharge près d’Accra. Là des gamins, au risque d’y perdre leur santé, récupèrent quelques métaux précieux qu’ils vont vendre pour des sommes dérisoires.

Un citoyen ghanéen est conscient du danger que les producteurs de déchets électroniques font courir à ces gamins. « Ils tuent les gens d’ici » dit-il indigné. Il fait tout pour remonter à la source. Il arrive ainsi à Leeds en Angleterre où il rencontre un conseiller municipal. C’est là qu’on prend conscience de l’inconscience de toute cette civilisation occidentale du danger des déchets électroniques qu’elle produit en quantité et dont personne ne se soucie.

Mais alors que faire ?

Le film nous dit l’incapacité des États à réguler le commerce de ces déchets face à la frénésie de consommation de matériels électroniques. La convention, ratifiée à Bâle en 1989 par 47 pays interdisant l’exportation de produits dangereux, n’est manifestement pas appliquée.

Mais pourquoi donc des matériaux si précieux ne sont-ils pas correctement récupérés, sans risques sanitaires, dans les pays producteurs de matériels électroniques ? Le film est peu explicite sur l’analyse des dysfonctionnements de ce système économique. D’où une impression d’impuissance face à une tragédie que les dernières séquences qui appellent le citoyen à économiser ses matériels électroniques n’arrivent pas à effacer.

Heureusement les projections de films organisées par la Ruche de Vanves sont suivies de débats.

Ceux que nous avons eus avec Alma Dufour des « amis de la terre » et Fernando Dos Santos du « Libre vanvéen » nous ont rassurés sur le pouvoir du citoyen face à cette tragédie.

Bien sûr qu’il faut que chaque citoyen économise au mieux ses ordinateurs, smartphones et tout autres matériels contenant de l’électronique. C’est bien la politique du « Libre vanvéen » que de prolonger la vie des ordinateurs, notamment par l’emploi de logiciels libres.

C’est bien pour réutiliser et recycler les téléphones portables que la Ruche de Vanves à fait appel aux participants du festival.

Et c’est ainsi qu’ont été collectés, au cours des 4 séances du festival, 20 téléphones en état de marche et 25 dont les pièces les plus rares seront récupérées et réutilisées.

Mais il faut aussi associer à ces actions des actions politiques pour modifier le système économique. Alma Dufour l’a souligné clairement.

C’est ce à quoi s’emploient « les amis de la terre » depuis une campagne de 2009 en s’attaquant à l’origine du problème : l’extraction éhontée des métaux rares. Exploitation de la nature, exploitation des hommes qui extraient ces minéraux.

La valeur des matières premières et celle du travail pour les extraire ne sont pas rémunérées par un prix correct. La course au moins disant conduit à cette situation. Or il y a 60 métaux dans un smartphone et 60 dans un frigo. D’où tout ce gaspillage car le recyclage est tributaire du prix des métaux rares.

Pour favoriser leur recyclage la réglementation prévoit bien des taxes d’éco-contribution dans le prix des produits finis. Mais elles sont dérisoires. Toujours la course au moins disant !

Voilà encore un champ d’action citoyenne : boycotter les entreprises qui programment l’obsolescence, qui, jouent la concurrence en optimisant leur fiscalité, en sous payant leurs matières premières et en ne prévoyant pas, dans le prix du produit, le coût du recyclage ; choisir celles qui jouent le durable, économisent, recyclent.

La tragédie électronique n’est pas inéluctable.